24 mai 2017 Stéphane Chotard 0Comment Temps de lecture : 4 minutes

Le diabète est une maladie chronique métabolique touchant près de 415 millions de personnes en 2015 (dont plus de 75% dans les pays émergents). Cette maladie se caractérise par un manque de production d’insuline par le pancréas (une hormone hypoglycémiante) et donc par une augmentation du taux de sucre dans le sang, ou par une mauvaise sensibilité de l’organisme à l’insuline.

Le diabète en chiffres :

  • environ 5 millions de décès chaque année du fait des complications qu’il entraine : altération des nerfs et des vaisseaux sanguins,
  • un marché mondial de 42Mds€ en 2014 (source evaluatepharma),
  • une croissance de 7%/an pour atteindre les 61Mds€ en 2020,
Le diabète dans le monde en 2015 et 2040 estimations
Le diabète dans le monde en 2015 vs 2040 (estimations). Source : 7ème édition de l’ATLAS mondial du diabète (IDF)

Le marché des insulines injectables sur lequel Adocia (une biotech française) est présent, représente une opportunité de 23 Md$, soit 55% du marché. Ce marché de l’insuline devrait se maintenir en valeur jusqu’en 2020 du fait de lancements de nouveaux produits contrebalancés par une pression sur les prix et l’apparition de biosimilaires (Sanofi reçoit un avis favorable en Europe pour une insuline biosimilaire)

Branded molécule / Générique / Biosimilaire / Nutrition Health : un micmac dans le Diabète.

Maintenant que l’on en sait un peu plus sur le diabète, tâchons de comprendre les différents produits proposés par les acteurs du marché.

Un générique, un bio similaire ou un complément santé ne sont tout d’abord pas régis par les mêmes lois et n’ont pas les mêmes effets.

De nombreuses biotechs françaises tel qu’Adocia ou Genfit se positionnent et développent les produits génériques de demain. L’objectif à terme d’Adocia par exemple est de proposer un pancréas artificiel capable d’administrer les bonnes doses d’insuline en fonction des horaires, de la glycémie dans le sang et bien d’autres facteurs. Genfit quant à elle se place sur le secteur de la NASH (Stéatose hépatique non alcoolique) dont aucun traitement efficace n’a vu le jour jusqu’à présent. Au terme des essais cliniques, la récompense se chiffre en milliards.

À ce jour, Novo Nordisk survole le marché du diabète à la première place avec une croissance annuelle de 9%  soit 22Mds€ de part de marché en 2022 (34,7%). Sanofi, giron français de la santé, est loin derrière à la seconde place. Il lui a été récemment reproché de ne pas défendre réellement sa 2nde place. Alors qu’Adocia a particulièrement souffert en bourse en ce début d’année suite à l’arrêt de son partenariat avec Eli Lilly.

Les IPO françaises :

La France jouit d’une réputation mondiale en matière de santé, de par son histoire, son expérience technologique, ses centres de recherches ou même encore son service de Sécurité sociale.

Cependant, dans un secteur industriel aussi concurrentiel, c’est une vraie course à l’innovation et à la réussite qui est lancée. Des milliards sont investis chaque année à travers le monde pour tenter de trouver la molécule miracle. Le droit à l’échec n’est que très peu accepté, car le retour sur investissement serait nul et entacherait sévèrement la réputation de la société.

Les études cliniques sont de plus en plus encadrées pour éviter de faire la une des médias dans une affaire du type Médiator. Dans ce contexte, le secteur évolue et se restructure depuis le début du siècle.

Peu à peu, des sociétés de petites tailles se sont positionné sur des secteurs de niche. On les appelle des “biotechs” ou des valeurs biotechnologiques.

On dénombre à peu près 200 sociétés de Biotechnologies françaises dont 64 cotées en bourse en 2015 . Il s’agit d’un record en Europe, rendu possible grâce à un marché primaire particulièrement actif : 1 biotech sur 2 introduite en Europe l’est en France.

Valbiotis : un nouvel acteur dans le diabète

Valbiotis, petite société française créée en 2014 à La Rochelle, se propose de prendre à revers les géants du diabète : pas de molécule miracle mais un simple complément santé.

Lauréat du prix de l’innovation du ministère de la recherche I-LAB en 2015, Valbiotis développe des solutions de prévention et de traitement des maladies métaboliques par de simples compléments alimentaires. La démarche a de quoi en étonner plus d’uns.

Toutes les six secondes dans le monde, une personne meurt de cette maladie chronique et irréversible. Valbiotis a alors comme principale préoccupation la prévention de cette pandémie et l’accompagnement de ses patients dans la lutte contre la maladie, à moindre coûts.

Outre les effets secondaires liés aux médicaments et au risque d’inefficacité, les compléments santé issus des végétaux seraient peut être la solution. Par ailleurs, les études cliniques régissant les compléments durent moins longtemps et requiert par conséquent moins de fonds.

Néanmoins, Valbiotis voit grand et son pipeline est déjà bien fournit.

Un pipeline complet et complémentaire :

Les travaux de criblage menés par Valbiotis ont permis d’identifier cinq extraits végétaux, dont l’association a démontré un effet synergique très important (l’impact de la combinaison est supérieur à la somme des impacts individuels).

Un pipeline Valbiotis jusqu'en 2023
Pipeline de Valbiotis : 5 compléments alimentaires dans la lutte contre le diabète. Source : http://valbiotis.com/pipeline/

Aujourd’hui, il existe peu d’acteurs sur le filon de la prévention du diabète. Si la société confirme l’efficacité de ses compléments, elle peut bousculer les poids lourds du secteur (Novo Nordisk, Sanofi, Merck & Co ou encore Eli Lilly).

Les raisons d’investir dans Valbiotis :

Les raisons d'investir dans Valbiotis

Dans ce contexte de méfiance vis à vis des médicaments et d’incertitude sur la capacité à proposer des solutions innovantes face à cette maladie irréversible, Valbiotis se positionne comme une véritable solution alternative. Le pipeline complémentaire correspond parfaitement au changement de mentalité des individus face au secteur de la santé, tout en proposant un coût inférieur.

Le secteur biotech français valide une nouvelle fois sa capacité à proposer des solutions innovantes. L’IPO de Valbiotis le 7 juin prochain viendra conforter un secteur en difficulté depuis sa correction en 2016.

Pour finir, nous vous invitons à rester vigilant. Les premières semaines boursières suite à une IPO sont très difficiles. Il y a peu d’éléments de comparaison et de mauvais résultats peuvent être fatals (à titre d’exemple : Snapchat).

Vous allez aussi aimer lire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *