21 juillet 2017 Stéphane Chotard 0Comment Temps de lecture : 5 minutes

Pop-corn prêt ? Écran de l’ordinateur en position latérale de sécurité ? Et hop !  On est prêt à regarder 1 puis 2 puis 3 …. épisodes de nos séries préférées. Ces dernières deviennent peu à peu le nouveau divertissement d’amour des millenials. Allégorie de la flemme et de la solitude, les séries sont désormais un phénomène culturel à part entière.

Le spoil est devenu l’ennemi public numéro 1. Une course effrénée à la visualisation est lancée ! Qui sera le premier à terminer l’épisode et préserver son expérience visuelle vierge ?

Alors que le fameux “Netflix and Chill” devient peu à peu une phrase de drague, le nombre d’abonnés aux services de télévision en ligne ne cesse de croître. Cela profite aux investisseurs positionnés en bourse sur ces acteurs du divertissement.

Les séries : un engouement en plein essor 

Games of Thrones
Affiche de la série Games of Thrones sur HBO

Les producteurs hollywoodiens l’ont bien compris, les séries ont le vent en poupe et peuvent rapporter gros. Chaque année, la série Games of Thrones annonce avoir battu des records d’audience. Malgré une season premiere estivale, les fans étaient au rendez-vous pour visualiser le premier épisode de la saison 7. Avec une augmentation de 50% du nombre de téléspectateurs par rapport à l’année dernière, les serveurs HBO n’ont pas fait long feu, témoignant du réel engouement pour la diffusion de la nouvelle saison.

HBO anticipe déjà de battre de nouveaux records aux vues des 16 millions de téléspectateurs tout format légal confondu. Pour comparaison, le film Intouchable sorti en 2011 en France avait signé 19 millions d’entrées au cinéma soit le 3ème plus gros succès au box-office derrière Titanic et Bienvenue chez les Ch’tis.

Games of Thrones est devenu le pilier de la croissance chez HBO dont la maison mère est Time Warner. Cela va laisser un grand vide quand l’arrêt de la série aura lieu, en 2018.

HBO comptabilise plus de 130 millions d’abonnés au niveau mondial. Mais, elle prépare déjà le terrain avec la nouvelle série Westworld qui marche déjà dans les pas de son aînée.

En effet, Westworld est la série dont la première saison a été la plus visionnée (12 millions en moyenne). Réalisée par Jonathan Nolan (petit frère de Christopher Nolan, le réalisateur de The Dark Knight, Interstellar …), la série a trouvé son public et sera le nouveau relai de croissance du groupe.

Pour comparaison, les autres séries clés de la chaîne tel que True Blood ou Boardwalk Empire peinent à attirer autant de viewers (5 et 3,2 millions respectivement).

Polémiques et querelles entre modernes et old school

Les sociétés de production et de diffusion de contenu en ligne tentent peu à peu de s’intégrer à l’écosystème audiovisuel. La récente polémique survenue au dernier festival de Cannes vient renforcer le gouffre qui existe entre les anciens et les modernes. Pourquoi la télévision sur internet n’aurait pas droit à son moment de gloire au même titre que les films et séries plus classiques ?  Le contenu reste le même, la diffusion différente.

Les millenials, eux regardent leurs programmes sur smartphone, tablette ou ordinateur. Le cinéma ne sera qu’une excuse pour aller voir le dernier blockbuster entre potes, car un abonnement Netflix reste tout de même moins cher qu’une place de cinéma.

Netflix et compagnie ne viennent pas forcément marcher sur les plates bandes du cinéma. Ils investissent et développent des séries/films qui n’auraient jamais trouvé d’audience ou de producteurs.

Avec plus de 90 nominations aux Emmy Award (cérémonie célébrant les séries), ni Netflix ni HBO n’ont à s’inquiéter de l’entousiasme autour de leurs séries originales.

Netflix n’a pas besoin de publicité pour faire de l’argent

Outre l’engouement pour ces séries, les services tels qu’HBO ou Netflix sont proposés sans publicité. Dans ce cas, comment ces services font-ils pour se financer ?

Les séries à succès qu’ils proposent conduisent à un fort taux d’inscription au service. La corrélation entre le nombre de téléspectateurs et les abonnés est important. Les désagréments liés à la publicité pourraient en rebuter plus d’un. D’autant plus que nous sommes déjà exposés à plus de 1200 publicités par jour (chiffres 2013). On sature !

Mais comme abordé dans notre dernier article sur les super-héros, ce n’est pas tant la popularité au box office qui rapporte de l’argent. Ce sont les redevances liées aux licences ainsi que les ventes de produits.

A l’image de la Battle of Bastards pour ceux qui connaîtront la référence, HBO (Time Warner) et Netflix se livrent une bataille sans merci sur tous les plans : abonnés, popularité, revenus, récompenses … Mais, ce qui compte au final, c’est la qualité des séries et le divertissement proposé.

Bien qu’HBO reste en tête du peloton en terme d’abonnés, les revenus qui en découlent peinent à croître au même rythme. Pendant ce temps, Netflix continue son chemin. Ted Sarandos, chef des contenus chez Netflix, a récemment déclaré que :

Le but de la société est de devenir HBO avant que celle-ci ne devienne Netflix.

Netflix VS HBO
Netflix VS HBO

Cependant, ces deux mastodontes ne sont pas les seuls sur le marché. Amazon vient également de lancer son service de vidéo à la demande dans la même fourchette de prix. Moins cher, Hulu propose également du contenu en streaming.

Mais, la réelle force d’une série reste néanmoins sa qualité. La valeur ajoutée pour ces sociétés réside dans la production de contenus originaux estampillés comme Okja ou Stranger Things, produits et distribués uniquement par netflix.

Investissez dans ce qui vous plaît !

Netflix House of Cards Underwood
Kevin Spacey interprète Frank Underwood dans la série House of Cards (Netflix)

Il y a quelques jours, Netflix a publié ses résultats pour le 2nd trimestre 2017. Les revenus s’élèvent à 2,78 milliards $, en croissance de près de 30% yoy (d’année en année). Avec 5,2 millions de nouveaux abonnés sur la période, Netflix dépasse le seuil symbolique des 100 millions d’utilisateurs premiums. Les bénéfices sont annoncés également en hausse de plus de 60% à 65,6 millions de dollar.

Pour le 3ème trimestre, le groupe anticipe 2,97 milliards$ de revenus et 143 millions$ de bénéfices. Suite à l’annonce de ces résultats le titre grimpait de +13% en bourse ce mardi (18/07/17).

Le cours de Netflix affiche une performance de plus de 1600% en 5 ans seulement soit l’équivalent de 385 années de livret A capitalisées en continu.

Cours de bourse Netflix
Cours de bourse de Netflix Inc

De même, les performance des géants Time Warner et Disney (via son segment Media qui détient une partie de Hulu ou ABC Studio) affichent de belles progressions, comme nous vous l’avions présenté dans notre dernier article sur les super héros.

La fin de la télé classique ?

À l’heure actuelle, les applications de suivi de nos séries préférées pullulent et nous font surtout prendre conscience du caractère chronophage de ce divertissement. Avec plus de 3 mois de séries visualisées à mon actif, il serait peut-être temps de lever un peu le pied alors que le nombre de séries croît tout les ans.

Une majorité de personnes se concentre sur les séries les plus mainstreams (#GOT, #HOC, #OITNB …). Cela porte préjudice aux nouvelles séries. La qualité n’étant plus une variable suffisante. Les coûts de marketing liés au lancement pénalisent les sociétés. Il faut frapper fort tout de suite. Il en va de la survie du show.

En outre, l’avènement de la télévision sur internet sonne-t-elle le glas de notre salon télé ? Les applications de stream internet tel que Molotov gagnent de plus en plus de parts de marché. Ces services offrent une bonne alternative à tout ménage n’ayant pas les moyens d’investir dans des télévisions nouvelles générations, dont le renouvellement perpétuel est un frein à l’achat.

Entourés de coussins et bien installés, d’autres optent pour le projecteur au plafond pour visualiser leur contenu provenant d’internet.

Je ne suis pas là pour tirer la sonnette d’alarme. Les téléviseurs et home cinéma ont encore un bel avenir. Mais de nombreux outils existent pour transférer ou visualiser du contenu web sur notre belle télévision. Et, ça Apple et Google l’ont bien compris.

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