27 juin 2017 Stéphane Chotard 0Comment Temps de lecture : 3 minutes

Toi petit épargnant, ton pouvoir est immense. Et tu ne t’en rends même pas compte.
Cela se voit clairement, tu es bien plus sensible que la génération de tes parents à la destruction en cours de ta planète. Je ne sais pas si dans ton quotidien tu y participes ou si tu cherches à limiter ton impact. Mais saches que ton porte monnaie est une arme redoutable : en plus d’être un consommacteur, tu es ou seras un épargnant. Et toutes tes décisions ont un impact.

Alors choisir de manger du quinoa bio issu du commerce équitable, de faire le tri sélectif, ou de prendre le vélo pour se rendre au boulot, c’est déjà un très bon début. Une manière efficace de renverser la vapeur, au moins si tout le monde s’y met. Mais il faut aussi que tu te penches sur la question de ce que fait ton argent pendant que tu dors.

Quand il reste sur ton compte courant, ou dans un livret, c’est la banque qui l’utilise pour faire du profit. Et sans te demander s’il cela te convient qu’elle finance avec des entreprises qui détruisent des forêts, exploitent des enfants ou maltraitent des animaux. Et si ta banque le fait, c’est pour te faire plaisir. Oui, c’est pour que tu sois rassuré d’avoir toujours de l’argent à portée de main pour t’acheter le dernier smartphone dès sa sortie. Ou pour sauter dans un avion pour te trémousser sur les plages, un cocktail à la main.

Avouons le, c’est pour cela que tu laisses ton argent sur des livrets disponibles. Et aussi parce que tu as la flemme de te renseigner sur le fonctionnement des placements financiers. Cela te fait un peu peur aussi, et je te comprends. Avec tout ce que l’on te balance dans la figure autour de la finance (Loup de Wall Street, affaire Kerviel, Madoff, trading haute fréquence). Tu n’y comprend plus rien et tu te dis que ce n’est pas pour toi. Que c’est mal. J’espère au moins que tu n’utilises pas cette facette diabolique de la finance comme d’une excuse pour justifier ta paresse intellectuelle et ta peur du risque.

Car tu as le choix. Tu ne le sais peut être pas encore mais une autre façon d’épargner et d’investir prend beaucoup d’ampleur. Et on dirait bien qu’elle est faite juste pour toi, pour ta génération. Celle qui refuse que les marques et les entreprises n’aient pas une démarche éthique dans leurs activités.

C’est ce que l’on appelle la finance responsable. Elle désigne un ensemble de pratiques et d’outils qui permettent de limiter l’impact que ton épargne a sur le monde. Et même de faire en sorte qu’elle ait un impact positif. Cette finance engagée prend différentes formes. Elle s’adapte aux profils des gens, à leurs portefeuilles et à leurs objectifs.

Pour commencer, on peut choisir l’ISR (l’Investissement Socialement Responsable). C’est une méthode de sélection des entreprises cotées en bourse. Cela consiste à exclure certains secteurs d’activités de son épargne. Ou encore à exiger que les entreprises que l’on finance via notre épargne oeuvrent dans le bon sens sur des critères ESG (Environnement, Social et Gouvernance). L’ISR est accessible via l’épargne d’entreprise (le PEE), l’assurance vie et le PEA (Plan Epargne en Actions). On choisit alors de glisser dans ces différentes “enveloppes” des fonds de gestion qui ont reçu le label public ISR (crée en 2016).

Pour aller un peu plus loin, on peut également placer son épargne dans la finance solidaire. Cela consiste à financer des entreprises de l’économie solidaire qui oeuvrent par exemple sur des thématiques comme la lutte contre le mal-logement, l’insertion par le travail ou l’agriculture biologique. Elles ne sont généralement pas cotées en bourse et pour les financer, on place son épargne dans des livrets bancaires ou des OPCVM (Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières). Si l’on souhaite qu’une partie des gains générés par son épargne soit reversée à des associations de son choix, c’est du côté des placements de partage qu’il faut se tourner.

Il existe également le financement participatif à impact positif. Sur des plateformes spécialement dédiées, l’épargnant va choisir d’aider des projets qui portent les valeurs qu’il partage. Là encore, il y en différentes façons de faire le bien avec son épargne :

  • crowdfunding : faire un don avec une éventuelle contrepartie
  • crowdlending : faire un prêt solidaire à titre gratuit ou rémunéré
  • crowdequity : investir en capital ou en fonds propres

J’espère que tu l’as bien compris : en plus d’agir avec ton caddie, tu peux utiliser tes économies. Maintenant tu n’as plus d’excuses pour ne pas te renseigner et en apprendre davantage. Je t’ai prémâché l’info, à toi de faire le reste du boulot.

C’est ton toi de demain, celui qui voudra un jour prendre sa retraite, qui regardera par dessus son épaule et qui te remerciera.

D’avoir pensé à lui, à sa santé et à ses envies en mettant de côté durant toute ta vie et en commençant tôt. D’avoir aussi pensé à ses enfants, à ses voisins et à ses proches pour qu’ils puissent tous vivre ensemble dans un monde apaisé et où la nature a repris ses droits.

Ne le déçois pas. Profite de chaque instant de ta jeunesse mais n’oublie pas de te projeter dans l’avenir. Car un jour, petit épargnant deviendra grand.

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