19 mai 2017 Stéphane Chotard 2Comment Temps de lecture : 7 minutes

Les beaux jours s’installent, les terrasses se remplissent, les festivals approchent et les vacances aussi. Que de bonnes nouvelles qui influencent positivement les ventes de boissons et en particulier de la bière. Alors j’ai spécialement concocté un article pour nos amis de Schlouk Map et leurs fans assoiffés.

Je précise d’emblée que ce qui suit n’est ni une incitation à la consommation d’alcool, ni une recommandation à acheter des titres boursiers. Vous restez maîtres de vos foies et de vos porte monnaie. Ceci étant dit, voici le menu de cet article à consommer sans modération :

  1. Présentation du secteur de la bière et de ses tendances
  2. Approche de l’investissement boursier dans le secteur de la bière
  3. Focus sur l’essor des microbrasseries

C’est parti ! 🍻

1. La bière : une histoire de gros sous et de goûts

Quelques gros requins et plein de petits poissons se partagent le marché

La bière est la catégorie des PGC (Produits de Grande Consommation) qui connait la plus forte croissance de ventes en France l’année dernière avec une hausse de 5,4 % à 2,86 milliards d’euros. Voici le podium de ceux qui brassent le plus (les 2 premiers ont fusionné) :

Classement des plus grand brasseurs de bière au monde

Et les différentes marques de ces 3 champions :

Marques de bières des grands brasseurs internationaux
Source : https://www.maloan.fr/

 

Anheuser-Busch InBev

C’est le leader mondial de la bière. Il produit plus d’un quart de la bière bue dans le monde. Pour asseoir sa domination, il a englouti il y a 6 mois le 2ème plus grand groupe du secteur, SAB Miller. Cette opération a fait les gros titres car elle établissait un nouveau record en terme de montant déboursé : presque 100 milliards d’euros !

Et l’appétit du groupe ne s’arrête pas là. Cette année encore, AB InBev fait fort en mettant sur la table 2 milliards de dollars d’investissements afin de diversifier sa production de bières. Il a ainsi racheté 7 brasseries en 3 ans dont notamment la craft beer Goose Island. AB InBev a également mis la main sur le site Saveur Bière.

Le groupe est en effet sensible au changement de goût de ses consommateurs qui se tournent de plus en plus vers les bières artisanales. Il se diversifie également dans les boissons non alcoolisées, comme le thé Teavana qu’il propose en partenariat avec Starbucks.

Le groupe a publié le 4 mai dernier un bénéfice net en hausse de 72 % sur le premier trimestre à 1,46 milliards de dollars. Cette hausse spectaculaire par rapport au premier trimestre 2016 s’explique notamment par l’impact à l’époque des coûts de préfinancement de l’acquisition de SAB Miller.

Le contexte politique et macroéconomique reste néanmoins difficile au Brésil qui est un marché crucial pour le groupe. Les marchés émergents sont devenus la principale source de revenus pour les grands groupes du secteur brassicole.

Heineken

Le groupe à l’étoile rouge a de son côté finalisé récemment le rachat complet du brasseur américain Lagunitas, spécialisé dans les bières artisanales. Notamment dans les IPA (Indian Pale Ale), qui connaissent une forte croissance de part le monde.

En France cette année, Heineken vient de lancer :

  • sa première bière sans alcool
  • la version blonde de la Mort Subite
  • la version sangria de la Desperados

Carlsberg Group

Le brasseur danois a publié début mai un chiffre d’affaires en hausse de 5 % au premier trimestre à 1,84 milliards d’euros. Par contre il subit, comme ses confrères, une très forte baisse des volumes de vente en Inde suite à la mise en place d’une loi interdisant la vente d’alcool à moins de 500 mètres des autoroutes.

Le retour en force des brasseries artisanales

C’est une grande tendance dans le monde de la mousse. Les clients aiment avoir le choix et veulent trouver autre chose à se mettre dans le gosier que la blonde classique industrielle. D’où une explosion de l’offre : bières de dégustation, bières aromatisées, bières sans alcool.

La montée en puissance des brasseries artisanales est un phénomène qui vient des USA, où les “craft beers” ont raflé en quelques années plus de 15 % du marché.

La France compte aujourd’hui quelque 1.000 brasseries, dont la moitié n’existaient pas il y a 5 ans. Néanmoins, vous observerez ci-dessous que nous restons avant-dernier pays de l’Europe en termes de consommation, juste devant l’Italie. D’où le potentiel…

Quantité de bière consommé par les nationalités européennes

2. Comment investir en bourse dans la bière ?

En terme d’outils, cela reste similaire à un investissement classique. Tu peux loger des actions d’entreprises brassicoles dans un PEA (Plan Epargne en Actions) ou un compte titres. Je te conseille de privilégier le PEA, il est plus intéressant fiscalement. Tout comme le contrat d’assurance vie, dans lequel se glissent des fonds de gestion comme le iShares Stoxx Europe 600 Food & Beverage de Blackrock et le Lyxor Stoxx Europe 600 Food & Beverage de la Société Générale.

Comme pour tout investissement, il y a plusieurs facteurs qui influencent les cours boursiers. Voici les éléments clés que tu devras surveiller avant de lancer des ordres d’achat et de vente dans la mousse.

La bière en bourse

Les publications des grands groupes

Les marchés ne vont pas réagir seulement sur le critère que les résultats soient “bons” ou “mauvais”. L’important est de repérer où se placent ces résultats par rapport aux prévisions des analystes et si les objectifs et perspectives d’évolution sur l’année sont maintenus.

La publication des résultats entraîne quasiment toujours une hausse de la volatilité sur un titre. Cela attire les investisseurs en quête de gains rapides. Mieux vaut se rappeler d’un bon vieux dicton boursier avant de se ruer sur les marchés  :

Achetez la rumeur, vendez la nouvelle

Les bonnes performances économique d’une entreprise sont en général déjà inclues dans le prix de son action. Acheter ou vendre pile au moment de l’annonce des résultats relève plus du pari que de l’investissement rentable sur la durée. La bonne pratique est donc de surveiller et d’anticiper les publications de résultats dans le cadre d’une analyse fondamentale d’un titre. Et d’être sensible aux effets de saisonnalité sur les marchés, notamment au mois de mai.

L’évolution des prix des céréales

En 2010, les actions des grands groupes brassicoles cotés en bourse ont chuté à cause de la flambée des cours des céréales. À cette période, la Russie avait décidé d’arrêter ses exportations de blé. Une grave sécheresse avait dévasté les cultures et entraîné de mauvaises récoltes. Et le blé est l’un des ingrédients principaux de la bière. Donc quand ses prix flambent, c’est la marge des brasseurs qui prend un coup.

Tu peux suivre l’évolution du prix du blé (wheat) et de l’orge (barley) sur différentes plateformes. On aime bien Terre-Net et AgritechTrade.

Il existe un autre ingrédient essentiel dans la fabrication de la bière : c’est le houblon. Je viens de lire un article très intéressant sur la relocalisation de la culture du houblon. Elle n’est plus l’apanage de ma chère Alsace.

Les effets de change

La devise dans laquelle une entreprise va convertir et rapatrier ses bénéfices réalisés à l’international a des conséquences importantes en terme de performance.

Carlsberg est danois, le cours de son action est exprimé en couronnes danoises. Cela engendre un double impact : sur les performances du groupe et sur les performances de ton investissement en euros.

Les événements sportifs

Lors d’une coupe du monde, ou d’un grand championnat européen, les ventes de bières ont tendance à prendre 1 à 2 %. Mais cela ne marche pas à tout les coups. Lors du dernier Euro de foot en 2016, la météo maussade a empêché le boom de consommation attendu.

3. Comment profiter de l’essor des micro brasseries ?

Prendre des participations dans des micro brasseries

J’ai trouvé un concept original : l’actionnariat dans une brasserie artisanale qui se développe aux USA : BrewDog . En fonction du nombre d’actions que l’on achète, on a le droit à des :

  • promotions sur les commandes en ligne
  • invitations à des événements
  • réductions à vie dans leurs bars
  • goodies …

Et tout ça en complément du potentiel de plus-value sur son investissement et du plaisir de participer à une aventure entrepreneuriale dans le secteur de la bière.

Il est aussi possible de donner un coup de pouce désintéressé à un projet plus près de chez soi. Comme la brasserie Goarem par exemple, qui est présentée sur Zeste, la plateforme de financement participatif sous forme de dons de la Nef.

Dans mes recherches, je suis également tombé sur un projet en financement participatif qui m’a laissé perplexe. The Order of Yoni, qui est une bière contenant de l’acide lactique vaginal … pour lui apporter sensualité et passion selon ses créateurs. Après avoir levé 1 578 € sur 150 000 € demandés (gloups), la collecte sur Indiegogo est fermée. Il y avait pourtant de l’idée. Mouais.

Monter sa propre micro brasserie

Plus sérieusement, si l’aventure te tente, tu peux à ton tour te lancer dans le brassage. Comme ces nombreux projets qui ont été soutenus via le financement participatif :

Pour ceux qui veulent en savoir davantage, je vous conseille vivement la lecture de cet article sur les facteurs clés de réussite dans la micro brasserie et de celui ci qui donne toutes les étapes pour ouvrir sa micro brasserie.

Si j’ai vraiment piqué votre curiosité, lisez ces conseils pour débuter en tant que brasseur amateur et procurez vous un kit de brassage !

 

 beers GIF

Anecdote pour la route (garantie sans alcool) : Les autorités belges ont pris la décision de transformer le bâtiment de la Bourse de Bruxelles en musée national de la bière. L’objectif est de populariser le brassage et de maintenir l’image de la Belgique comme un des plus vieux brasseurs au monde.

L’argent ne fait pas le blogueur. 😅 Passionné d’innovation, notamment dans les startups fintechs et l’épargne durable, Stéphane est conseiller en finance responsable 🌍⚖💰, trader indépendant 📈 et entrepreneur 🚀. Sa mission ? Redonner du sens à la finance.

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2 thoughts on “Fais mousser tes investissements

    1. Bonjour Thomas, merci beaucoup pour ce partage et bon courage dans votre projet ! (cette réponse a mis beaucoup trop de temps à venir, milles excuses)

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