7 septembre 2017 Stéphane Chotard 0Comment Temps de lecture : 5 minutes

Débuter dans le monde des placements financiers n’est pas chose aisée. La peur de perdre de l’argent, de ne pas avoir les connaissances suffisantes … prennent une part importante du processus d’investissement.

On me demande souvent mon avis sur telle ou telle société. Est-ce un bon investissement ? N’est-ce pas trop risqué ? Sur quoi devrais-je investir ? C’est vrai qu’il est nécessaire de se rassurer et d’obtenir des avis exterieurs. Cela empêche le biais de sur-confiance qui est fatal sur la durée.

Cependant, lorsque l’on est impatient de faire fructifier ses deniers, de nombreuses solutions s’offrent à nous : PEA, Compte-titres, Assurance-vie. Chaque solution d’investissement a ses avantages et ses inconvénients.

Aujourd’hui, intéressons nous au Plan d’Epargne en Actions, plus communément appelé PEA. Selon moi, il constitue la solution la plus avantageuse pour un investisseur autonome. Voici pourquoi.

PEA pour Plan d’Epargne en Actions

Le PEA est un compte-titres permettant de gérer un portefeuille d’actions ou d’OPCVM européennes, tout en bénéficiant d’avantages importants sur la fiscalité des plus-values. Il permet d’acheter ou de vendre des actions de sociétés françaises ou européennes, cotées ou non, dont le siège social est établi au sein de l’Union Européenne, ainsi que l’Islande et la Norvège.

Il s’adresse à toute personne physique majeure, domiciliée en France au sein de son propre foyer fiscal. Pas de panique pour les jeunes investisseurs qui sont encore rattachés fiscalement à leurs parents. Il suffit juste de leur demander l’autorisation. Par contre, on ne peut ouvrir qu’un seul PEA par personne, tout établissement confondu, avec deux PEA maximum par foyer fiscal.

L’ouverture d’un PEA peut se faire auprès d’un intermédiaire financier (banque, courtier en ligne, etc…). Pour ne citer que les plus connus, il existe : Boursorama, Bourse direct, De Giro, Binck, Fortuneo 

Vous le savez, les actions et obligations ne sont pas les seuls produits de placements. Le PEA permet également d’investir dans des fonds éligibles, appelés également OPCVM  (Organisme de Placement Collectif en Valeur Mobilière). Pour celles et ceux qui par manque de temps, de connaissances, mais qui recherchent un rendement correct, les fonds sont une bonne solution à envisager.

Petit bémol pour le PEA, il est obligatoire que les fonds détiennent au moins 75% d’actions européennes. À contrario, le compte-titre permet une totale liberté sur les investissements donc plus de choix et d’opportunités.

Certains trackers ou ETFs sont également éligible au PEA. Il suffit de se renseigner auprès de votre courtier. Si vous ne connaissez pas ce type de produit, je vous invite à lire notre article pour bien démarrer avec les ETFs.

PEA : une fiscalité avantageuse

La date d’ouverture du PEA correspond à la date du 1er versement. Le montant maximum des versements est limité à 150.000 euros. Avant 8 ans d’ancienneté, toute demande de retrait sur le compte entraîne la clôture immédiate du PEA. Après 8 ans, les retraits sont disponibles, mais il ne sera plus possible de faire de versements par la suite…

Il n’est pas nécessaire d’investir sur les marchés dès l’ouverture du compte. Par conséquent, plus vous ouvrez tôt votre PEA, plus vite vous pourrez bénéficier des avantages fiscaux ensuite. Simple non ?

Quelle que soit la date de sortie, vos plus-values sont soumises aux prélèvements sociaux de 15,5%. A partir de 5 ans, vos gains sont exonérés. Entre 2 et 5 ans ils sont taxés au taux forfaitaire de 19%. Avant deux ans, la taxation appliquée est de 22,5%. Vous trouverez ci-dessous une illustration pour y voir plus clair.

Par ailleurs, après 8 ans, le PEA donne droit à une sortie en rente viagère au lieu d’opérer une sortie de capital. Les versements de la rente sont exonérés d’impôt sur le revenu (seuls les prélèvements sociaux sont dus sur une partie de la rente).

Fiscalité du PEA
La fiscalité du PEA en image
Source : ING Direct

Alors qu’attendez-vous pour ouvrir votre PEA ? Mais au fait, il vaut mieux l’ouvrir chez qui ?

L’intermédiaire financier : bien le choisir est essentiel

La floppée de courtiers et de banques avec leurs offres de bienvenues et leur frais au rabais peut parfois perturber.

Tout comme vous devez faire quelques recherches avant d’acheter une action, vous devez glaner le plus possible d’informations à propos de votre futur intérmédiaire financier. Voici un tableau comparatif des frais des 3 plateformes reconnues :

Comparateur de broker en ligne
Exemple de tarifs proposés par des brokers en ligne
Source : Trading Sat

On a tendance à se focaliser sur les frais de courtage des transactions lorsque l’on débute. Nul besoin de se lancer dans des calculs de performances. Si votre investissement est maitrisé et réalisé avec le meilleur timing, les commissions seront ridicules en comparaison avec les plus-values réalisées.

Ensuite, lorsque l’on débute, on s’imagine déjà trader quotidiennement, réaliser des allers-retours, être derrière les écrans toute la journée … Investissez de manière relax, si vous souhaitez faire du trading court terme choisissez une autre solution que le PEA. Il est important de se focaliser sur l’investissement de long terme qui vous permettra d’obtenir le rendement espéré au risque consenti.

Par conséquent, choisissez un intermédiaire qui propose des services complets et de qualité. Je préfère ne pas forcément payer le moins cher en frais d’ordre de bourse mais pour avoir une plateforme fiable. Car il n’est pas rare que les plateformes de certains courtiers qui proposent des frais défiants toute concurrence disfonctionnent, ou pire soient inaccessibles. Embêtant lorsque l’on veut déboucler une position (revendre un titre et récupérer la somme investie) ou sauter dans le train d’une opportunité, n’est ce pas ?

Prenez le temps de connaître l’intégralité des prix et des taux proposés. Il se peut que vous découvriez que le tarif annoncé ne s’applique pas au type de transaction que vous souhaitez effectuer. Il se peut également que des frais adjacents s’ajoutent par la suite. Alors soyez vigilants, le prix affiché ne fait pas tout.

Voici une liste non exhaustive des points à surveiller pour éviter toute surprise :

  • les frais de transaction relatif à un montant investi. Attention cependant aux plus values ! Votre investissement de 1000€ correspondent à 4€ de frais. Ces frais sont ponctionnés à l’achat comme à la vente. N’oubliez pas de prendre en compte la plus-value réalisée. Ce ne sera plus 4€ ponctionné mais 6€ pour tout ordre de plus de 1000€.
  • le capital minimum d’investissement pour ouvrir le compte.
  • le nombre d’ordre obligatoires par mois.
  • les produits proposés. Il n’y aucun intérêt à devenir client d’un broker qui ne propose que des valeurs étrangères.
  • la disponibilité. Être investisseur, c’est également être attentif et surveiller les news. Il faut qu’à tout moment vous puissez réaliser vos transactions via une application mobile ou tout autre moyen. Fini le temps où votre grand-père appelait son courtier pour passer un ordre. Vous êtes celui qui dirige désormais.

 

En résumé, choisissez les armes qui vous correspondent afin d’atteindre vos objectifs de performances. Ne soyez pas non plus trop ambitieux, l’investissement n’est pas une course mais un marathon. Le PEA  conviendra parfaitement pour ce projet. Ne forcez pas, analysez bien les valeurs et soyez toujours conscient des risques. Bons investissements à toutes et à tous !

 

 

 

L’argent ne fait pas le blogueur. 😅 Passionné d’innovation, notamment dans les startups fintechs et l’épargne durable, Stéphane est conseiller en finance responsable 🌍⚖💰, trader indépendant 📈 et entrepreneur 🚀. Sa mission ? Redonner du sens à la finance.

Vous allez aussi aimer lire