7 avril 2017 Stéphane Chotard 0Comment Temps de lecture : 6 minutes

Blockchain” : tu as sûrement vu et entendu ce mot partout. Pourtant, il y a de fortes chances pour que tu n’y comprennes pas (encore) grand chose.

Comme beaucoup, je trouverais dommage que cela devienne l’énième buzzword du moment et que les gens en parlent à tout-va sans vraiment comprendre ce qu’il y a derrière.

Alors, je te propose une synthèse de ce qu’il faut savoir aujourd’hui sur la blockchain pour avoir de bonne bases.

Qu’est ce que la blockchain ?

Une bonne définition classique ne fait pas de mal pour comprendre un concept, voici donc celle de Blockchain France : “c’est une technologie de stockage et de transmission d’informations, qui est transparente, sécurisée, et fonctionnant sans organe central de contrôle.”

Une blockchain c’est une base de données sécurisée qui est partagée par ses utilisateurs et qui contient l’historique des échanges qu’ils ont effectué entre eux. Une blockchain peut être publique, donc ouverte à tous, ou privée.

Pour faire simple, une blockchain publique est un grand livre en accès libre et gratuit, inaltérable et indestructible, où tout le monde peut lire et écrire dessus.

C’est en 2008 qu’a été crée la première blockchain, en tant qu’architecture sous jacente du bitcoin, fameuse monnaie virtuelle que tout le monde connait (n’est ce pas ?).

réseau d'ordinateurs qui illustre la blockchain

Pour comprendre comment cela fonctionne, il faut te représenter un énorme réseau informatique en étoile qui ressemblerait au système du peer to peer. C’est ce réseau formé de serveurs qui compose en lui même la base de données où sont enregistrées toutes les transactions.

Je mets ci-dessous un schéma tiré du site de Blockchain France qui explique de manière simple le fonctionnement d’une transaction effectué sur une blockchain. Tu trouveras sur ce site des informations pointues si tu as envie d’approfondir tes connaissances dans le domaine.

schéma explicatif d'une transaction sur la blockchain

Les idées reçues sur la blockchain

Après cette première présentation, entrons dans le vif du sujet en plaquant au sol quelques idées reçues et fausses croyances concernant la blockchain :

La blockchain, c’est une monnaie

Non, pas forcément. C’est le système, l’infrastructure qui est à la base de nombreuses cryptomonnaies. Mais le champ de ses applications possibles est beaucoup plus vaste et ne se limite pas à la finance.

La blockchain, c’est pas sécurisé

Étant donné les hacks sur des utilisateurs ou des plateformes de Bitcoin et d’Ethereum, on pourrait croire que la blockchain n’est pas une technologie sûre. Et bien ces piratages mettent en lumière les fragilités de certains acteurs de la blockchain bitcoin. Mais le protocole blockchain en lui-même reste une technologie sécurisée et quasiment inattaquable sur l’intégrité des données.

C’est chaque blockchain qui selon sa conception, va présenter un niveau de risque différent. Et il est facile de remettre en question la fiabilité de tout le système alors que souvent, c’est l’erreur humaine qui est à l’origine des problèmes.

La blockchain, c’est très lourd à stocker

Une autre question qui peut se poser concerne le stockage des données. On pourrait croire que le stockage de l’ensemble des transactions sur la blockchain bitcoin par exemple pèse très lourd et qu’il sera difficile à terme de tout enregistrer. Et bien, c’est faux, l’ensemble des transactions sont des données textuelles qui pèsent peu. Par exemple, la blockchain bitcoin depuis 2008 ne pèse que 70 GO.

Par ailleurs, il est possible de “couper” des bouts d’années précédentes sur une blockchain en les considérant comme acquis afin d’éviter que la blockchain ne soit trop longue.

La blockchain, c’est pas écolo

Vu que la création de bitcoins (le minage) nécessite de faire tourner des ordinateurs en continu, on pourrait en déduire que la blockchain pose un problème énergétique.

Pour le coup, c’est en partie vrai. Par exemple, le protocole de validation des blocs de bitcoin (ce que l’on nomme le “proof of work“), consomme beaucoup d’énergie. Mais nous n’en somme qu’aux débuts de l’aventure de la blockchain. D’autres procédures de validation sont à l’étude afin de limiter cet impact écologique.

Et au sujet de l’écologie, il serait également intéressant de comparer ce que consomme le réseau de distributeurs de billets dans le monde par rapport au réseau bitcoin.

À quoi peut servir la blockchain ?

Maintenant que tu vois bien de quoi on parle … ah non en fait toujours pas ? Alors regarde cette petite vidéo, elle reprend mes explications (en plus compréhensible on peut le dire) et elle montre quelques applications possibles :

Mais ce n’est que la pointe de l’iceberg en terme de potentiel. Pour une vision plus complète, cette infographie (en anglais) est vraiment pas mal :

Et dans la finance, que peut-on faire grâce à la blockchain ?

Ce qui m’intéresse plus particulièrement, c’est l’usage de la blockchain dans la finance, notamment dans les domaines suivants :

  • les paiements transfrontaliers
  • la gestion de l’identité numérique
  • la compensation et le règlement
  • la gestion des lettres de crédit
  • la syndication de prêts
  • la gestion d’actifs

Dans la plupart de ces domaines, la blockchain constituera une alternative moins coûteuse et plus rapide. Pour les transferts d’argent à l’international par exemple, on passera par l’échange de cryptomonnaies convertissables en monnaies traditionnelles. D’ailleurs, le trading sur les monnaies virtuelles connait un fort engouement depuis quelques années. Je prépare des articles à ce sujet, pour les plus téméraires d’entre vous, alors gardez l’oeil ouvert.

Pour les autres thématiques listées ci-dessus, le principe des “smart contracts” va permettre d’apporter davantage de confiance, sans avoir besoin de recourir à un tiers. C’est le système lui même, et non ses agents qui garantira l’honnêteté d’une transaction.

En effet, des programmes autonomes pourront exécuter des conditions prédéfinies et inscrites sur la blockchain. C’est à dire que des valeurs vont se transférer automatiquement (ou les termes d’un contrat vont s’appliquer), si des conditions mutuellement convenue à l’avance sont réunies.

Cela pourra concerner par exemple le paiement automatique d’un titre de bourse au moment de sa “livraison” effective dans le portefeuille de l’acheteur, sans avoir besoin d’attendre la validation d’une chambre de compensation. Et par extension dans les placements atypiques tels que les œuvres d’art ou les pierres précieuses, la blockchain permettra une sécurisation et une garantie de la propriété et de la provenance. À l’avenir, on ne pourra plus tricher.

La blockchain et les startups

Cette profusion d’applications possibles est très excitante d’un point de vue entrepreneurial. Il y a encore de nombreuses questions à résoudre en terme de fonctionnement et de sécurité avant que la blockchain ne soit utilisée dans tous ces domaines. Mais déjà de nombreuses startups françaises sont dans la course. Voici une petite liste non exhaustive :

  • Stratumn : pour aider les développeurs à utiliser la blockchain
  • Wekeep : l’assurance sans les assureurs
  • Moneytis : le booking.com des transferts d’argent
  • Keeex : la blockchain au service du travail collaboratif
  • Belem : le labo de la blockchain qui en teste ses applications
  • Ledgys : la blockchain au service du big data
  • Daisee : l’énergie révolutionnée avec la blockchain
  • Woleet : la sécurisation des données grâce au protocole bitcoin
  • Ledger : les portefeuilles bitcoin
  • Paymium : la banque bitcoin

Evidemment, il n’y a pas qu’en France qu’on avance dans le domaine :

  • Ethereum : une des plateformes de créations de smart contracts la plus connue
  • Bitproof : a commencé en certifiant des diplômes, veut maintenant disrupter les notaires
  • Colony : est en train de révolutionner l’avenir du travail, rien que ça
  • Enigma : stocke et crypte vos données les plus privées
  • LaZooz : le uber de blablacar … vous suivez ?

J’espère maintenant que tu y vois plus clair et que tu parleras de la blockchain au prochain apéro sans dire de bêtises.

Si tu portes un projet lié à la blockchain et que tu aimerais que j’en parle ici ou dans un autre article, n’hésites pas à laisser un commentaire juste en dessous.

Et puis, je suis loin d’avoir la science infuse alors si tu as des news et des points de vue intéressants au sujet de la blockchain, fait en profiter la communauté Finzest !

L’argent ne fait pas le blogueur. 😅 Passionné d’innovation, notamment dans les startups fintechs et l’épargne durable, Stéphane est conseiller en finance responsable 🌍⚖💰, trader indépendant 📈 et entrepreneur 🚀. Sa mission ? Redonner du sens à la finance.

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