7 avril 2017 Stéphane Chotard 0Comment Temps de lecture : 4 minutes

Dans le secteur bancaire aussi nous voulons de l’instantané, du pratique et du mobile. Pour répondre à ce besoin croissant, des startups de la finance, les Fintechs, proposent depuis quelques années des applications de gestion de finance personnelle (PFM en anglais). Il y a 2 acteurs français (cocorico) qui se distinguent nettement, c’est Linxo et Bankin.

Pourquoi une telle montée en puissance des agrégateurs de comptes ?

Il faut savoir que le contexte actuel est très favorable aux agrégateurs de comptes bancaires. D’abord grâce à la loi Macron sur la mobilité bancaire, promulguée en août 2015 et mise en application en février 2017. Car elle entraîne une multibancarisation des Français et donc un intérêt à la consultation de l’ensemble de ses comptes au même endroit afin également de comparer en toute transparence les différents frais.

Puis avec la Directive Européenne sur les Services de Paiement (DSP2) qui entrera définitivement en vigueur dans l’ensemble des pays membres le 13 janvier 2018. Cette directive permettra officiellement à des fournisseurs de solutions innovantes d’accéder aux données bancaires d’un utilisateur sans avoir besoin de l’accord de sa banque. Et ce, de manière sécurisée et en ayant bien évidemment obtenu le consentement explicite du client. Alors que plusieurs banques ne voyaient pas d’un bon œil l’émergence de nouveaux acteurs fintechs il y a quelques années et rechignaient à collaborer avec eux ; elles auront maintenant l’obligation de les laisser accéder aux données de leurs clients.

Cette directive européenne permet déjà à Bankin depuis le début de l’année de transférer un ordre de paiement d’un utilisateur. Bankin peut ainsi sortir son épingle du jeu en offrant la possibilité de réaliser directement ses virements au sein de son application. C’était ce qui manquait aux agrégateurs, car une fois avoir analysé son budget et pointé les différents fluxs, il fallait retourner sur les sites ou les applications des banques pour faire des virements.

Bankin peut se targuer d’avoir obtenu la 1ère place au classement de l’App Store dans la catégorie meilleures apps pour gérer son argent. Il assoit ainsi sa position de leader européen des applications de gestion des comptes bancaires.

Pour l’instant, il n’est possible de réaliser des virements qu’avec 7 banques mais il est fort possible que d’autres établissements rejoignent le mouvement rapidement. Surtout si Bankin voit son nombre d’utilisateurs continuer à croître au même rythme.

La bataille entre les fintechs et les banques ne fait que (re)commencer…

Il est drôle de lire qu’aux débuts de Bankin, certaines banques ont tenté de faire disparaître la startup (en essayant de couper leurs connexions, en dénigrant leur appli sur les réseaux sociaux ou encore via des campagnes téléphoniques auprès de leurs clients pour les dissuader d’utiliser l’appli). Mais cela n’a pas fonctionné, les premiers utilisateurs sont restés fidèles et la directive européenne est venue appuyer leur business.

Et la suite ? La prochaine étape pour ces fintechs est de passer au conseil sur la gestion de son argent. Puis de mettre en relation les utilisateurs avec des partenaires s’ils le souhaitent, en affichant de manière transparente la rémunération qu’ils tirent de telles recommandations. Linxo est déjà bien actif dans ce domaine. J’ai reçu en ce début de mois d’avril 2017, une newsletter présentant une offre réservée aux membres Linxo pour du crowdlending via le site Les entrepreteurs.

C’est là où cela devient intéressant, car des acteurs qui étaient de “simples ” agrégateurs de comptes bancaires à la base, vont venir jouer des coudes sur le terrain d’autres fintechs spécialisées dans la gestion de patrimoine. Je pense notamment aux robo advisors. Et la carte à jouer de Bankin et des autres agrégateurs, c’est qu’ils peuvent accompagner leurs utilisateurs sur les 3 volets de la gestion d’argent : la banque au quotidien, l’épargne et le crédit. Ce rôle de coach financier sera rempli par leur capacité à prévenir les utilisateurs d’un découvert à venir, d’une marge de négociation possible sur un crédit immobilier ou encore par leur aide à épargner en mettant en place très facilement des virements automatiques par exemple.

L’objectif business pour de tels acteurs ? Accélérer leur expansion géographique pour accroître leur nombre d’utilisateurs. Et en parallèle trouver d’autres relais de croissance en proposant leur API payante à un nombre important d’acteurs différents (comptables, conseillers en gestion de patrimoine, banques privées, acteurs du crédit, fintechs…). La course est bel et bien relancée, et il s’agit d’aller vite ! Bankin vient de lever en ce début d’année 2017 7 millions d’euros ce qui porte à 8,4 millions d’euros le montant total levé par Bankin. En face, Linxo totalise 2,5 millions d’euros levés auprès du Crédit Agricole et du Crédit Mutuel Arkéa.

Et les banques dans tout ça, que font-elles ?

Je viens de recevoir comme ceux d’entre vous qui ont aussi un compte chez Boursorama, une newsletter informant de la mise en place de l’agrégation des comptes. C’est-à-dire qu’au sein de l’espace client Boursorama, il est dorénavant possible d’accéder directement à l’ensemble de ses comptes bancaires, y compris ceux détenus dans d’autres établissements.

Pratique certes mais cela fait un moment que Linxo et Bankin sont sur ce créneau et ils le font déjà très bien. Alors quel serait l’avantage de changer et de passer à Boursorama pour gérer l’ensemble de ses comptes ? Peut-être la possibilité de récupérer automatiquement l’ensemble de ses documents type factures et relevés de comptes au sein du “coffre-fort” Boursorama. Ou tout simplement le fait que l’on ait peut être davantage confiance dans une banque en ligne que dans une fintech … vaste débat que je n’ouvrirai pas ici.

Pour l’instant, il semble bien que Boursorama soit la seule banque à proposer son propre agrégateur de comptes. Service qu’elle a rendu gratuit en septembre 2016. La banque avait anticipé le mouvement en rachetant Fiducéo.

Mais cela bouge très vite, les banques nouent des partenariats avec des agrégateurs où investissent directement dans leur capital, comme Crédit Agricole et Crédit Mutuel Arkéa dans Linxo et Boursorama qui a racheté Fiducéo.

BforBank, Fortuneo et la MAIF, quant à elles, se sont associées à Linxo pour pouvoir proposer une version en “marque blanche” de l’application à leurs clients. Elles devront respecter certaines règles et ne pourront par exemple pas ou très peu changer les fonctionnalités.

 

Si tu veux en savoir un peu plus sur Linxo et Bankin, je te conseille de lire cet article, qui présente un assez bon comparatif. Et pour tester directement ces applications, les voici :

N’hésite pas à me faire part en commentaire de ton point de vue sur ces applications de finances personnelles !

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